La Banque de la République d’Haïti (BRH) a publié en 2024 un document bilan sur les avancées réalisées en Haïti dix (10) ans après la mise en œuvre en 2014 de la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière (SNIF). Dans ce document d’importance et riche en informations intitulée SNIF 10 ans après, la banque centrale communique sur des avancées enregistrées en Haïti en matière d’inclusion financière.
Selon la BRH, l’inclusion financière en Haïti a progressé positivement entre 2014 et 2024. En 2014, seulement 6 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans possédaient un compte dans une institution financière formelle. Ce chiffre a atteint 29 % en 2017, soit une augmentation de 23 points de pourcentage. Pour les adultes de 25 ans et plus, le taux d’inclusion financière est passé de 31 % en 2011 à 36 % en 2017. Parallèlement, le rapport indique une augmentation significative des fournisseurs de services de transfert, leur nombre passant de 695 à 1 904, soit une hausse spectaculaire de 173,96 %. Concernant les infrastructures de paiement, la banque centrale pointe également des améliorations notables. Les points de services financiers (POS) ont connu une croissance considérable, passant de 2 220 en 2011 à 5 250 en 2023, soit une augmentation de 136 %. Selon l’institution, cette expansion est principalement due à la prolifération des points de service de transfert, dont le nombre est passé de 695 à 1 904 sur la même période, soit une hausse de 63,5 %.
La BRH a également communiqué des informations sur la répartition géographique des succusales bancaires dans le pays. Les statistiques révèlent cependant d’importantes disparités régionales, au détriment des zones rurales. En effet, selon les données rendues disponibles, près de deux tiers (63,3 %) des succursales bancaires se trouvent à Port-au-Prince. Le département du Nord suit avec 7,45 % des succursales, dont 4,79 % à Cap-Haïtien. L’Artibonite occupe la troisième place avec 5,85 %. Les départements du Sud-Est et de la Grande-Anse en comptent respectivement 2,13 % et 1,60 %, selon le rapport de la BRH.
Les politiques d’inclusion financière visent en principe à faciliter l’accès des populations aux services financiers de base, contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté. En Haïti, la pauvreté se concentre principalement en milieux ruraux. En négligeant ces zones, les politiques d’inclusion financière risquent de s’éloigner de leurs objectifs. Cela rendrait la lutte contre la pauvreté plus difficile dans le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental. D’où la nécessité de mettre en place des politiques d’inclusion financière ciblées dans le pays.

