Suivant le dernier bulletin de l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) portant sur le mois de mars 2024, les prix des produits alimentaires ne cessent de grimper. Une situation qui complique davantage l’accès des couches les plus vulnérables de la population haïtienne à la nourriture.
Les « produits alimentaires et boissons non alcoolisées » est selon l’IHSI le poste de consommation qui a connu la montée la plus importante des prix pour le mois de mars 2024. En effet, les prix de ces produits ont grimpé de 37.5% en glissement annuel alors que l’inflation globale s’est établie à 26.7%. Autrement dit, ce sont les « produits alimentaires et les boissons non alcoolisés » qui ont influé le plus sur le niveau général des prix en mars 2024.
Parmi les produits spécifiques qui ont le plus influencé l’inflation galopante enregistrée, on retrouve les différentes variétés de riz dont les prix ont augmenté en moyenne de 49,5% en moyenne. Les prix de la viande et de l’huile comestible ont crû en moyenne respectivement de 38,5% et de 50,5% sur un an. En conséquence, il ne serait pas donné à tout le monde en Haïti de s’offrir actuellement le traditionnel repas du riz collé avec de la sauce de viande.
Recourir à d’autres repas serait tout aussi coûteux. Les prix du maïs et du millet ont également connu des hausses très remarquées. En ce qui concerne le maïs, le prix a augmenté de 38,3%, tandis que celui du millet a crû de 37%. Les poissons frais et les harengs qui pourraient substituer aux viandes ont vu leurs prix enregistrer des hausses fulgurantes. Les prix de ces derniers ont augmenté respectivement de 59,7% et de 51,8%. En somme, se nourrir aujourd’hui en Haïti constitue un véritable défi, notamment pour les populations les plus vulnérables.
Il convient de rappeler que les ménages haïtiens, de façon générale, consacrent environ la moitié de leur revenu pour la consommation des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées. En ce sens, avec la hausse des prix de ces types de produits, une part importante des Haïtiens sera obligée de consacrer la quasi-totalité de son revenu, qui était déjà insuffisant, à l’achat de nourriture. Il s’agit d’une situation inquiétante puisqu’il sera de plus en plus difficile aux concernés de répondre à d’autres besoins fondamentaux.

